Locastock

Objectif: co-conception d'innovations locales, résilientes et bas carbone en capitalisant sur les techniques ancestrales, savoir-faire paysans et intelligences collectives pour le stockage de grains et de denrées alimentaires

Période de réalisation: de mars 2024 à mars 2026

Financements: Agence Nationale de la Recherche

Partenaires: INRAE, INRAP, BioCivam de l'Aude et Garros Services (régie de quartier)

Contributeur.ice.s: paysan.ne.s, bouanger.e.s, artistes, étudiant.e.s, citoyen.ne.s, ...

Recourir à l’ancestralité pour faire face aux défis et urgences modernes, voilà le défi que s’est lancé le projet multiacteur.ice.s et participatif Locastock. Alors que les conflits géopolitiques et les impacts du réchauffement climatique soulèvent des questions de souveraineté et sécurité alimentaire, la vulnérabilité de notre système de production industriel à grande échelle est mise en avant. De fait, reposant sur une haute consommation énergétique, la délocalisation et une dépendance à l’importation, son fonctionnement se retrouve mis à rude épreuve en temps de crises, nous invitant à réfléchir à des stratégies et solutions alternatives pour assurer les besoins alimentaires de la population. Et parmi elles, les techniques pratiquées par nos ancêtres semblent constituer une piste intéressante.

De fait, les archéologues mettent fréquemment à jour des fosses souterraines qui permettaient de stocker les récoltes de l’âge de fer à l’époque préindustrielle, assurant ainsi la résilience alimentaire des communautés et de soutenir les économies locales. Aujourd’hui, de telles pratiques persistent encore de manière ponctuelle dans certaines communautés paysannes d’Afrique et d’Asie.

Comprendre et restituer ces savoirs ancestraux a nécessité de creuser de nouveaux silos et de suivre l’évolution des grains stockés. Des premiers résultats prometteurs ont été acquis dans un contexte d’archéologie expérimentale visant à reproduire les pratiques ancestrales et enrichir les observations de vestiges. Étant sous terre, elles sont cachées et protégées des évènements extérieurs (tels que les aléas climatiques ou conflits armés) tandis que leur fonctionnement ne nécessite aucune dépense énergétique, en dehors des opérations de remplissage et de vidange. Il s’agit également d’une solution à l’ancrage local fort qui permet aux agriculteur.ice.s et toute personne qui le souhaite de creuser un silo sur son terrain, valorisant le travail paysan et soutenant une logique d’indépendance et d’autonomie alimentaire. Néanmoins, des limites existent, comme la difficulté du suivi continu de la qualité du stock, des risques d’infiltrations hydriques et de persistance d’une forte humidité relative dans les fosses.

Aujourd’hui, l’objectif est de s’inspirer de ces méthodes en incluant les acteurs et actrices du monde paysan pour analyser avec eux l’adéquation de ces techniques avec les enjeux agricoles, leur efficacité, et leur potentiel d’essaimage. Il s’agit aussi d’impliquer les citoyens et citoyennes dans une réflexion prospective sur les modalités de stockage local, résilient et bas carbone à développer dans le futur. S’appuyer sur des techniques ancestrales, pour répondre aux urgences du présent et aux enjeux du futur est au cœur de ce projet qui vise à embarquer un collectif d’acteurs aux regards, compétences et disciplines très diverses, habitués à déployer des méthodes d’animations et de communication pour faciliter l’émergence d’une intelligence collective. C’est à partir de ces discussions que sont conduites des trajectoires d’innovation, impliquant toutes les parties prenantes concernées sur les trois piliers de ce projet : IMAGINER, EXPERIMENTER et ESSAIMER.

 

Qui retrouve-t-on dans Locastock ?

Ce travail est mené par une équipe éclectique, composée de scientifiques archéologues, généticien.ne.s, pathologistes des céréales et biochimistes, mais également de paysan.ne.s, artisan.ne.s boulangers et meunier.e.s, de producteur.ice.s de céréales bio, d’une régie de quartier défavorisé et d’une artiste.

Comment imaginer le stockage de nos denrées alimentaires pour le futur?

Partagez-nous vos idées à l'adresse locastock@mailo.com !