Un nouveau Prix de la recherche participative

Le ministère chargé de la recherche a reconnu en 2021 l’engagement de longue date d’INRAE dans les démarches participatives en lui confiant l’organisation annuelle, à l’échelle nationale, du Prix de la recherche participative. Avec l’appui d’un comité de pilotage inter-organismes et grâce à un jury paritaire composé de personnalités reconnues dans les sphères académiques et non académiques, sept projets lauréats ont été mis en lumière depuis la création du prix.

Date de mise à jour : février 2025

Avec l’appui d’un comité de pilotage inter-organismes et grâce à un jury paritaire composé de personnalités reconnues dans les sphères académiques et non académiques, sept projets lauréats ont été mis en lumière depuis la création du prix.

Ces prix ont notamment salué des projets co-portés par INRAE et ses partenaires :

CiTIQUE

Des semences à l’assiette, 20 ans de recherche interdisciplinaire participative

TEMPO, observer au fil des saisons 

SPIPOLL, suivi photographique des insectes pollinisateurs

Pour la troisième cérémonie de remise de prix, qui s’est déroulée au Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche en juin 2024, deux projets ont été lauréats.

De quoi s’agit-il ?

Au regard des enjeux environnementaux et sociétaux actuels, l’implication d’une grande diversité d’acteurs dans les programmes de recherches est essentielle. La recherche doit mieux prendre en compte les questions de la société, les réalités de terrain et les besoins de ces acteurs, afin de produire collectivement des résultats utiles, pour l’action comme pour la science. L’initiative du Prix de la recherche participative s’inscrit au cœur de la stratégie d’INRAE 2030 dont l’une des priorités est de placer la science, l’innovation et l’expertise au cœur des relations de l’Institut avec la société, pour renforcer l’impact de ses recherches.

C’est pour ces raisons qu’INRAE, en lien avec le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a lancé en 2022 le Prix de la recherche participative. Il récompense uniquement des projets en cours ou terminés depuis moins de cinq ans, analysés par un panel qui compte désormais 14 jurés issus des milieux académiques (CNRS, Université de Strasbourg, MNHN, Université de Lausanne, Inserm, Université de Lille, INRIA) et non académiques (Fab’Lim, France Nature Environnement, Union nationale des centres permanents d'initiatives pour l’environnement, Ligue contre le cancer, Le Dôme - Centre de sciences de Caen Normandie, Fondation internationale de la recherche appliquée sur le handicap, Fondation de France). Le dispositif a été étendu la deuxième année à l’ensemble des disciplines scientifique grâce au travail d’un comité de pilotage composé de représentants d’INRAE, du CNRS, de l’INSERM, du CEA, d’INRIA et de France Universités. La cérémonie de remise de ce prix pour cette 2ème édition se déroulera en 2023.

Où en est-on actuellement et qu’est-ce que cela apporte concrètement ?

Pour la troisième cérémonie de remise de prix, qui s’est déroulée au Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche en juin 2024, deux projets ont été lauréats. 

                                      Lauréats, membres du jury et remettants lors de la cérémonie du 27 juin 2024 au MESR (photo INRAE).

Dans la catégorie recueil citoyen, c’est le projet « Spipoll, le suivi photographique des insectes pollinisateurs », piloté par le MNHN, le CNRS, l’OPIE (Office pour les insectes et leur environnement), l’OFB et l’université de Poitiers, qui est récompensé. 

Cette catégorie récompense les projets pour lesquels la collecte et/ou l’interprétation des données sont réalisées par de nombreux amateurs grâce aux possibilités d’action distribuée des plateformes numériques.

Le Spipoll a été lancé au printemps 2010 pour remédier au manque de données à grande échelle sur les pollinisateurs. Après 14 années d'existence, on comptabilise plus de 80 000 collections composées chacune d’une série de photographies prises lors d’une observation, soit l’équivalent de 706 000 visuels. Le jury du prix a salué la forte évolution du projet depuis ses débuts, permise par la profonde implication de sa communauté de participants dépassant les 4 000 contributeurs, qui se nomment les « spipolliens ». Revêtant un grand intérêt pour la biodiversité, le Spipoll s’est intéressé non seulement aux interactions entre espèces via la pollinisation, mais aussi aux interactions humaines entre les passionnés de fleurs.

Piloté par le MNHN (Muséum national d’histoire naturelle), le CNRS (Centre national de la recherche scientifique), l’OPIE (Office pour les insectes et leur environnement), l’OFB (Office français de la biodiversité) et l’université de Poitiers, ce projet de sciences et recherches participatives, au-delà de la quantité de données récoltées, est récompensé pour l'élaboration de méthodes novatrices, telles que l'utilisation de la photographie dans les protocoles, la visualisation instantanée des données recueillies et la création d'un forum ouvert pour discuter des données. Les résultats issus du Spipoll, valorisés dans des revues scientifiques internationales, ont pu être utilisés dans les politiques publiques de préservation de la biodiversité. Ce projet, considéré comme un programme-clé pour l'acquisition de nouvelles connaissances sur les insectes, a été exploité pour introduire les sciences dans l’enseignement du secondaire.

À l’initiative d’INRAE, de l’université de Bordeaux et du CNRS, en partenariat avec la direction de la Nature de Bordeaux métropole, le projet Spipoll piloté par le MNHN et l’OPIE a été décliné en 2022 en incitant les bordelais à prendre en photo tous les insectes se posant sur une plante en fleurs choisie, pour ensuite poster les clichés sur le site dédié ou via une application. Après une validation par des experts, les données pourront servir aux chercheurs pour améliorer les connaissances sur les pollinisateurs à l’échelle du territoire de la métropole. Le recueil de données sur plusieurs années pourra conduire à l’élaboration de recommandations pour la gestion des espaces verts en appui aux politiques locales, en fonction des résultats.

En savoir plus : www.spipoll.org

Le projet « AirGeo : des écorces pour co-construire la connaissance sur la pollution de l’air » est lui primé dans la catégorie co-construction ; il est piloté par le CNRS, l’IRD, l’UCAD et les mairies de Sébikotane et de Ker Thiossane au Sénégal. 

Cette catégorie correspond aux approches de coproduction de connaissances et d’innovations dans lesquelles les non-spécialistes interviennent à chaque étape du processus de recherche, de la formulation de la question initiale à la valorisation des résultats, en passant par la gouvernance.

Le projet AirGeo, réparti dans 5 pays sur 3 continents et porté par le CNRS, l’UCAD (université Cheikh Anta Diop), l’IRD (Institut de recherche pour le développement), la mairie de Sébikotane et Ker Thiossane au Sénégal, s’est vu attribuer le prix dans la catégorie « co-construction ». Réunis autour du projet AirGeo depuis 2020, scientifiques, artistes, acteurs locaux, citoyennes et citoyens ont conjugué leurs efforts en mettant en place de nouveaux dispositifs pouvant contribuer à améliorer la connaissance de la qualité de l’air. L'objectif de ce projet était de quantifier la pollution atmosphérique pour inviter tous les acteurs à agir et permettre aux habitants de respirer un air plus sain. Ils se sont ainsi servis d’écorces de platanes comme bases de capteurs passifs pour l’évaluation de la qualité de l’air.

Le dispositif s’est vu transformé en un projet social majeur pour les habitants de Dakar souffrant de la proximité de leurs lieux de vie avec des fumées d’usines. En 5 ans, il a déjà abouti à l’établissement d’un nouveau plan local d’urbanisme, d’une formation de médiateurs à l’environnement, de la participation des usines à une conciliation, d’une prise en charge des intoxications au plomb par les centres antipoison locaux et d’un lancement d’études en santé et toxicologie. À cela s’ajoutent la création d’une association citoyenne de régénération de la végétation, le montage d’un festival sciences-arts-société dans les quartiers et enfin une exposition itinérante.

Le jury a salué l’approche interdisciplinaire et Llow-Ttech du projet, et son adaptation à la tradition d’oralité ou aux réalités locales très importantes au Sénégal, qui a permis de nouer la confiance entre chercheurs, collectivités locales, entreprises et habitants.

En savoir plus : https://airgeo.hypotheses.org/ 

Perspectives

En 2025, deux nouveaux projets seront mis en lumière. L’ouverture disciplinaire et la dynamique inter-organismes qui existent désormais autour du Prix de la recherche participative vont en outre permettre d’en améliorer l’impact, en s’appuyant sur des relais de communication au-delà d’INRAE, en lien avec le ministère chargé de la recherche et les acteurs scientifiques et associatifs engagés dans le jury et le comité de pilotage.

Contact : DipSO-SenS@inrae.fr