Préserver et valoriser le patrimoine informationnel scientifique d’INRAE

Conservation d‘archives scientifiques et numérisation de fonds documentaires anciens

Conserver les connaissances produites et acquises à INRAE pour produire d’autres connaissances (pour aujourd’hui et pour demain) est un enjeu majeur et l’une des missions confiées à la direction pour la Science ouverte. L’année 2024 a vu le transfert aux Archives nationales de trois fonds d’archives scientifiques d’intérêt majeur : ces dépôts garantissent leur conservation et leur communicabilité sur le long terme tandis que la mise en ligne de deux d’entre eux sur la bibliothèque numérique patrimoniale Agate leur assure une large visibilité et facilite leur réutilisation. D’autres ensembles documentaires représentatifs de l’histoire scientifique de l’Institut, telles les revues scientifiques anciennes éditées par l’Inra et les documents collectés par le Comité d’histoire INRAE-Cirad ont également été numérisés pour une mise en ligne prochaine. 
 

Contexte et enjeux

Suite à la fusion de l’Inra et d’Irstea en janvier 2020, la création de la direction pour la Science ouverte d’INRAE a permis la mise en place d’une mission « Valorisation du patrimoine informationnel scientifique ». L'un des enjeux de cette mission est de pérenniser une partie de l’histoire scientifique de l’Institut, au niveau collectif et parfois individuel. Il s’agit d’assurer la conservation des fonds documentaires anciens et des fonds d’archives de chercheurs, ainsi que d’organiser leur diffusion et de permettre leur réutilisation pour nourrir les recherches futures.

Résultats 

INRAE a obtenu l’autorisation de verser trois fonds d’archives scientifiques aux Archives nationales. Ces fonds illustrent parfaitement la variété et la richesse des fonds d’archives présents dans l'Institut.

Produits par la station d’essai des machines agricoles (SEMA), un des ancêtres d’Irstea, les registres d’essais agricoles et deux albums photographiques les illustrant ont été décrits et versés au premier semestre 2024. Ils racontent la production des machines agricoles, petites ou grandes, motorisées ou non, ainsi que leurs performances réelles en laboratoire et sur le terrain entre 1889 et 1949.

Des tirages photographiques, des plaques de verre, des albums photographiques et des monographies réalisés par le service de la restauration des terrains en montagne (RTM), des services des Eaux et Forêt du ministère de chargé de l’agriculture, ont complété les fonds déjà importants présents aux Archives nationales. Ils donnent à voir le reboisement des massifs montagneux et la construction de barrages pour essayer de protéger les habitants le long de torrents dangereux. 

Ces deux ensembles documentaires sont mis à disposition et valorisés par INRAE au travers de la bibliothèque numérique d’INRAE, Agate

Dernier fonds traité en 2024 pour un versement aux Archives nationales : les quinze mille diapositives et documents descriptifs associés issus du travail de Maurice Dubois, vétérinaire et chercheur à l’Inra. Celui-ci a mis au point dans les années 1970 des méthodes d’immunohistochimie qui ont ouvert la voie à l’étude et la compréhension des mécanismes de contrôle central de la reproduction chez les mammifères, et au-delà, à la maîtrise de la reproduction des animaux d’élevages, une étape indispensable pour l’Inra.

Ce versement est complété par celui aux Archives départementales des archives du dernier doctorant de Maurice Dubois. Avant de partir à la retraite à l’été 2024, c’est lui qui avait proposé ce fonds de diapositives et aidé à reconstituer son parcours et ainsi raconter son histoire.

 
Fiche descriptive d’une expérience en immunohistochimie sur l’hypophyse d’une ratte allaitante, décrivant des diapositives (non numérisées) du fonds Maurice Dubois. Cette fiche a été versée et en partie retranscrite pour faciliter la réutilisation aux Archives nationales. Crédits photo : Amy Colas (Université de Tours).

Ces versements sont réalisés pour conserver de manière pérenne les documents. Ils restent accessibles librement, dans le respect des règles de communicabilité, à toute personne qui en ferait la demande aux Archives nationales.

Pour des fonds documentaires plus classiques, l’année 2024 a vu arriver à son terme une première étape de numérisation de revues scientifiques anciennes qui ont précédé les titres toujours édités par INRAE. Une trentaine de titres anciens, comme les Annales d’agronomie depuis 1913, vont être mis à disposition sur la collection Internet Archive d’INRAE. Ces titres vont rejoindre d’autres titres déjà numérisés par l’Inra.

Deux campagnes de numérisation ont été menées pour offrir au Comité d’histoire INRAE/CIRAD la possibilité de partager le plus largement possible les documents à valeur historique collectés depuis plus de dix ans et qui servent encore aujourd’hui à écrire l’histoire institutionnelle et scientifique d'INRAE. La revue « Le bulletin de l’INRA » et des numéros spéciaux dédiés à l’INRA, édités par le ministère chargé de l’agriculture sur l’histoire de l’Institut, sont maintenant disponibles sur Agate.

Perspectives

Un important chantier d’enrichissement des métadonnées descriptives de ces fonds anciens doit être mené. Il s’agit de rendre visible et réutilisable cette histoire scientifique de la recherche française sur l'agriculture, l'eau, la forêt, plus tardivement l'alimentation et l'environnement. Ces documents peuvent encore être la base d’autres recherches, au sein de l’Institut mais aussi et surtout dans des communautés de chercheurs d’autres disciplines en dehors d’INRAE.

Ces versements d’archives aux Archives nationales ou départementales sont destinés à en appeler d’autres. Ils sont le moyen le plus efficace d’organiser et de préserver l’accès aux données et connaissances anciennes. Le partenariat avec les scientifiques est essentiel pour identifier et évaluer la valeur scientifique et historique des fonds présents dans tout l’Institut.

Rendre plus visibles les fonds anciens déjà numérisés et accessibles et mieux faire connaître les possibilités de préservation et valorisation des fonds encore « dormants » sont des enjeux majeurs pour la mission Valorisation du patrimoine et archives de la DipSO.

Par ailleurs, en 2025, de nombreux travaux seront conduits pour trier, céder, numériser certains fonds documentaires, plusieurs centres souhaitant réaménager des locaux d’anciennes bibliothèques pour utiliser les espaces à d’autres fins. Dans ce cadre, des actions de sensibilisation et d’accompagnement seront opérées par la DipSO en appui aux centres concernés, dans le respect de nos accords contractuels avec la Bibliothèque nationale de France et les Archives nationales.

Valorisation

La mise en valeur des fonds numérisés de la SEMA et de la RTM se fait au travers de la bibliothèque numérique d’INRAE, Agate, adossée à la plateforme Gallica de la Bibliothèque nationale de France. Des focus racontent leurs histoires, leurs modes de travail, leurs personnages célèbres ; la présence pérenne de ces documents dans la grande bibliothèque numériques Gallica est l’assurance d’une mise à disposition libre et gratuite sur le long terme et ouverte au monde entier, le tout sous licence libre Etalab (domaine public). Cette licence permet la réutilisation la plus large possible des contenus mis à disposition, tout en apportant la sécurité juridique nécessaire aux producteurs et aux réutilisateurs de ces données.  La valorisation se fait également par la publication d’articles sur le blog de Gallica comme celui publié en février 2025 sur des photographies de la RTM (De bas en haut, la photographie en montagne). Le site web dédié à la bibliothèque numérique a reçu entre 250 et 400 visites par mois sur l’année 2024.  

 

Vous avez une question ?

Contactez-nous

Fiche descriptive d’une expérience en immunohistochimie sur l’hypophyse d’une ratte allaitante, décrivant des diapositives (non numérisées) du fonds Maurice Dubois. Cette fiche a été versée et en partie retranscrite pour faciliter la réutilisation aux Archives Nationales. Crédits photo : Amy Colas (Université de Tours).