Développer sa culture autour des sciences et recherches participatives via la veille SRP
Face à la dispersion des appels à projets, des communications de colloques et des dernières publications, le pôle Science en société de la DipSO a mis en place une veille dédiée aux sciences et recherches participatives (SRP) afin de fédérer l’ensemble des chercheurs autour d’une source d’information fiable et partagée qui centralise les opportunités de financement, les événements scientifiques et les ressources méthodologiques indispensables à la communauté scientifique. Discussion avec Delphine Mézière, pilote du projet et veilleuse.
Les SRP en question
Avant de commencer, pouvez-vous nous éclairer sur ce que sont les sciences et recherches participatives (SRP) ?
Vous avez certainement entendu parler également de science citoyenne, crowdsourcing, recherche-intervention, recherche-action participative… Les termes sont nombreux et l’expression « sciences et recherches participatives » englobe une grande diversité d’approches et d’acteurs. Le principe commun c’est de produire des connaissances ou des innovations avec des gens – citoyens lambdas, habitants, associations, petites entreprises… – qui sont généralement exclus de l’activité de recherche. Dans certains projets, les participants vont collecter des données en masse qui seront ensuite analysées par les chercheurs. Dans d’autres, les participants et les chercheurs travaillent ensemble dès la formulation de la question de recherche et tout le long du processus de recherche, jusqu’à la diffusion des résultats.
Pouvez-vous nous dire quelques mots de la communauté SRP à INRAE ?
Certains départements, comme le département ACT (ex-SAD) font du participatif depuis toujours à INRAE, d’autres découvrent. Mais dans tous les cas, l’expertise d’INRAE, avec plus de trois cents projets recensés, est bien reconnue ! Le pôle SenS a entre autres pour objectif de faire connaître, de former et d’accompagner aux sciences et recherches participatives à INRAE. Nous animons aussi un réseau des référents en SRP qui a été créé dans les départements. Ce réseau se réunit tous les deux mois et permet d’échanger sur les projets et pratiques de chacun. Les référents SRP de département sont les personnes contacts de proximité pour les scientifiques souhaitant monter ou valoriser un projet de recherche participative.
Coup d’œil sur la veille SRP
Vous avez créé une veille SRP afin de contribuer au développement des activités SRP. Pouvez-vous nous présenter ce dispositif ?
Notre besoin initial était de faire une veille sur les appels à projets auxquels les chercheurs pouvaient postuler, et de créer une culture commune autour des SRP. Ainsi, en 2021, nous avons fait une demande d’appui à la mise en place d’une veille au pôle ASTRA (Analyse pour éclairer la stratégie).
Le dispositif a démarré sous l’outil Digimind pour migrer ensuite vers Cikisi, plateforme de veille intégrée acquise par INRAE en 2022. Cinquante pour cent des informations proviennent de Cikisi, les autres actualités sont issues de mails, des réseaux sociaux, non captables par l’outil.
L’objectif est de collecter les appels à projets dédiés, les appels à communications des colloques ou numéros spéciaux, les évènements nationaux ou internationaux, les formations à venir, les dernières publications phares sur la théorie, les méthodes, les impacts, et d’autres infos utiles !
Comment et à qui diffusez-vous cette veille ?
Nous avons opté pour un format newsletter, générée par l’outil. Nous la diffusons via une liste de diffusion Renater, qui permet à n’importe qui de s’abonner ou de se désabonner très facilement. Elle est par ailleurs affichée sur le portail Science ouverte. À ce jour, nous avons 440 abonnés (233 INRAE, 207 externes) : des agents INRAE, composés de chercheurs, ingénieurs, techniciens, des chargés de communication, intéressés ou impliqués en SRP, mais également des personnes externes dont les inscriptions sont issues du bouche à oreilles. Il y a par exemples des personnes d’universités ou d’instituts de recherche français, de l’université de Lausanne, du ministère chargé de la recherche, des membres d’associations ou encore, de bureaux d’études.
Quel retour des destinataires ?
« Cela a un impact sur les webinaires internes qui attirent plus de monde, et les inscriptions à la newsletter augmentent après chaque envoi ! Nous avons des bons retours sur la partie revue de presse ! ».
Ce qui vous motive au quotidien ?
« J’aime être au courant et faire savoir ce qui existe. Le peaufinage des requêtes a un aspect ludique. C’est un travail valorisant, les gens sont contents, il y a de plus en plus d’abonnés. Cela manquerait si cela n’existait pas ».
« J’apprends pleins de trucs et j’aime bien ce moment de pause hors visio ! Cela me prend environ un jour et demi par mois. Je n’ai pas encore réussi à traiter les signaux faibles, mais cela donne une bonne représentation du paysage SRP ».
Quelles perspectives voyez-vous à ce dispositif ?
« Pourquoi pas lancer une analyse plus poussée des résultats de manière à identifier de nouveaux partenaires de projets, thématiques, bailleurs clefs ? À réfléchir avec le pôle ASTRA de la DipSO ! »
Delphine Mézière, ingénieure agronome, a commencé son parcours professionnel à l’INRA de Montpellier, qu’elle a rejoint à nouveau après sa thèse en agronomie à Dijon. Après quelques années dans la recherche, Delphine suit le webinaire de lancement de la DipSO (direction pour le Science ouverte) en 2019, dans le cadre de la création d'INRAE, né de la fusion INRA-Irstea, où elle découvre la création d’un pôle autour de la médiation scientifique et des sciences et recherches participatives (SRP). C’est ainsi qu’elle rejoint le pôle SenS de la DipSO en 2022.
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