Évolution des dépenses en frais de publication d'INRAE depuis 2020
Si les dépenses globales diminuent depuis 2023, le coût moyen par article, lui, ne cesse d’augmenter.
Focus sur les dynamiques à l’œuvre et le rôle des accords nationaux de lecture et publication souscrits avec certains éditeurs.
Depuis 2017, les établissements français d’enseignement supérieur et de recherche sont encouragés à recenser leurs dépenses pour la publication d’articles en accès ouvert. Grâce à ce recensement coordonné au niveau national par le consortium Couperin, il est possible d’observer l’évolution des dépenses en APC « Article Processing Charges » d’INRAE, correspondant aux frais facturés aux auteurs et payés par les unités INRAE. Les APC pré-payés dans le cadre des accords de Lecture et Publication souscrits avec certains éditeurs, et gérés par la DipSO, n’apparaissent pas dans ces données.
Au niveau national, INRAE est le troisième établissement ayant le plus grand nombre de dépenses APC identifiées, derrière le CNRS et l’INSERM.
Après avoir atteint un maximum de 1,2 M€ en 2022, la dépense d’INRAE en APC est en baisse depuis 2023, du fait de l’effet conjugué d’une forte diminution des publications chez Frontiers et MDPI et de la mise en place de l’« accord national de lecture et publication » conclu avec Elsevier. Cette tendance est conforme à celle observée au niveau national mais plus précoce et plus rapide que dans d’autres organismes de recherche.
La baisse du nombre d’APC recensés est plus marquée que celle de la dépense globale, ce qui révèle une augmentation du coût moyen par article, en hausse continue depuis 2020 et dépassant les 2 400 € en 2024.
Le groupe Springer-Nature, avec ses trois filiales (Nature, BioMed Central et Springer) capte en 2024 presque 40 % des dépenses d’APC d’INRAE, notamment à travers les deux méga-revues en full Open Access : Scientific Reports et Nature Communications. S’il n’existe pas d’accord global en France pour les revues Nature ni BioMed Central, la négociation sera relancée en 2026 pour l’entrée d’INRAE à un coût acceptable dans l’accord Couperin avec Springer, ce qui permettrait d’enrayer la hausse des dépenses d’APC chez cet éditeur.
Les accords globaux comme celui avec Elsevier, qui incluent un droit de publication en accès ouvert sans frais supplémentaires pour les auteurs INRAE, semblent en effet jouer un rôle important pour maîtriser et limiter les dépenses d’APC « in the wild ». L’effet des accords conclus avec Wiley et PLOS dans lesquels INRAE est entré depuis 2025 sera à vérifier dans l’analyse à venir sur les dépenses 2025.